16 avril 2006
NUCLEAIRE: Areva a-t-il tout perdu en Chine?
Le groupe
nucléaire français joue son va-tout cette semaine à l’occasion d’une
exposition sur le nucléaire, l’heure n’est plus aux communiqués
rassurants. Anne Lauvergeon, PDG, abat ses dernières cartes.
Il est le loin ce mois de décembre 2005 durant lequel Areva via Arnaud de Bourayne, le Président d'Areva en Chine laissait en attendre que le groupe français était sur le point de parvenir à ses fins dans les discussions avec le gouvernement chinois. Les informations du quotidien économique Les Echos à la mi-mars sont venues doucher les esprits. Selon ce journal, Areva ne serait plus en mesure de remporter l'appel d'offres pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération en Chine. D'après des sources bien informées du quotidien, l'américain Westinghouse « aurait pris ces dernières semaines un avantage décisif en se pliant à toutes les exigences formulées en matière de transfert de technologie ». Le groupe américain contrôlé par le japonais Toshiba aurait tout simplement décidé de céder les plans de son réacteur AP1000 à ses clients chinois qui le fabriqueront eux-mêmes.
Les négociations menées par Areva pour un contrat de 4 réacteurs nucléaires en Chine sont "difficiles" et "ce n'est pas terminé", vient pour sa part d’assurer le ministre des Finances Thierry Breton sur RMC. Pendant ce temps, Areva fait silence radio et attend peut-être cette semaine pour relancer ce qui est aussi une guerre des nerfs et de communication. Le groupe franças sera en effet présent au sommet bi-annuel « Nuclear Industry China 2006 » qui débute aujourd'hui et se déroule jusqu'au 31 mars à Pékin. Demain 29 mars, la Société Française d'Energie Nucléaire" (SFEN) et l’autorité chinoise de l’industrie nucléaire organise par ailleurs un séminaire conjoint qui réunira également les industriels parmi lesquels Alstom, AREVA, CEA, EDF et GIIN. Une semaine décisive?
Mardi 28 mars 2006
Source: http://www.chineinfos.com/index.php?option=content&task=view&id=2494&Itemid=
01 avril 2006
Areva: non en Chine mais oui en Russie?
Areva semble avoir perdu la partie pour la vente de 4 centrales nucléaires à
la Chine, son rival américain Westinghouse ayant remporté le marché du
fait de son engagement pour un transfert global de technologies. La Chine a lancé en septembre 2004 un appel d'offres pour la construction de
quatre réacteurs de troisième génération, un contrat initialement
évalué à 8 milliards de dollars.
Parallèlement, le directeur de l'Agence russe pour l'énergie atomique et le ministre français délégué à l'Industrie ont discuté mercredi de la coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire. Les actuelles discussions autour de la question iranienne se réduiraient-elles alors à un partage des parts du marché international du nucléaire civile entre Russes, Américains et Français ? vis à vis de clients tels que la Chine et l'Iran? ... l'avenir nous le dira .
1 – La Chine dit non à Areva
Westinghouse aurait pris ces dernières semaines un "avantage décisif" face au français, "en se pliant à toutes les exigences" de Pékin en matière de transferts de technologie. Il vendrait ainsi sa nouvelle technologie, afin de permettre aux Chinois de "fabriquer eux-mêmes et sur place les futurs réacteurs". Lors d'un article précédent, nous nous faisions déjà l'écho d'une telle stratégie chinoise en vue de bâtir une véritable nouvelle muraille de Chine.
Areva qui ne souhaite pas aller aussi loin dans le transfert des technologies n'apparaît plus en mesure de remporter le contrat, tout indiquant que le groupe français ait perdu la partie. Ce dernier devra désormais se contenter d'un autre marché chinois: celui des duplications des centrales existantes.
Westinghouse encaisserait environ 400 millions de dollars pour la cession des plans de son réacteur AP1000, concurrent de l'ERP français, plus des royalties de l'ordre de 15 millions de dollars par réacteur. Areva est par ailleurs en lice pour fournir des composants nécessaires à la réalisation de huit nouveaux réacteurs nucléaires de deuxième génération en Chine, un marché représentant environ 1,5 milliard d'euros. Areva a déjà été approché pour deux réacteurs, d'une puissance de 1.000 mégawatts (MW), pour un montant estimé à environ 400 millions d'euros.
2 – Russie et France débattent de leur coopération dans le nucléaire
Le directeur de l'Agence russe pour l'Energie atomique et le ministre français délégué à l'Industrie ont discuté mercredi à Moscou de la coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire, a-t-on appris auprès du groupe russe Rosatom. Sergueï Kirienko et François Loos ont relevé l'importance d'une intensification de la coopération bilatérale, ainsi que des efforts d'intégration internationale en matière de mise au point de systèmes énergétiques nucléaires innovants, qui seront capables entre autres de réduire le risque de prolifération de l'arme nucléaire et répondront aux normes de sécurité écologique.
Les responsables russe et français ont également souligné que la coopération s'appuyait sur des stratégies similaires et des approches communes du développement de l'énergie nucléaire. Témoignant d'une coopération réussie entre les deux pays, Rosatom a cité les travaux conjoints dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides et du cycle du combustible fermé dans l'optique d'un vaste développement à venir du nucléaire civil, ainsi qu'en matière de retraitement des déchets nucléaires et de non prolifération des armes nucléaires.
Pour rappel, les groupes russe RosEnergoAtom et français Areva ont signé mi-février un mémorandum de compréhension dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. Le document prévoit la mise en oeuvre d'un programme de développement de la coopération entre les deux groupes pour la période 2006-2008. La coopération bilatérale concernera notamment la modernisation et la sécurisation des centrales nucléaires, la maintenance des sites, ainsi que la gestion de la durée de vie des centrales existantes.
En outre, les deux parties ont convenu de procéder à des échanges de documentation normative, scientifique et technique, de s'entraider lors du démantèlement et de la mise hors service des centrales nucléaires. Le plan de coopération prévoit également d'examiner la possibilité de mettre en oeuvre dans d'autres centrales les projets financés par la Commission européenne et déjà appliqués. RosEnergoAtom et Areva envisagent aussi de perfectionner le comité de gestion conjoint chargé de la coopération.
Par Elisabeth Studer le 16 mars 2006.
Source: http://www.leblogfinance.com/2006/03/areva_non_en_ch.html
