15 décembre 2005
Centrales nucléaires: la Chine alterne le courant
Areva de nouveau bien placé pour la vente de quatre réacteurs EPR.
En décollant hier après-midi de Nice
pour la Slovaquie, l'avion du Premier ministre chinois, Wen Jiabao,
laisse derrière lui beaucoup de patrons français comblés. Même si le
dossier textile a été diplomatiquement snobé (Libération du 6
décembre), l'aéronautique, l'aérospatial et le nucléaire ont été à la
fête. La mise en scène du voyage a certes été orchestrée au millimètre
autour de l'énorme commande des 150 Airbus 320. Mais la coulisse, elle,
a été le lieu de négociations autour du nucléaire.
On a surtout parlé du mégacontrat (environ 8 milliards de dollars) des quatre réacteurs de troisième génération. A commencer par Jacques Chirac. «Il en a fait une priorité», assure un proche du dossier. D'autant que le vainqueur de cet appel d'offres a de grandes chances de devenir l'unique partenaire technologique des Chinois en vue de développer leur parc nucléaire.
Aujourd'hui, outre une offre russe, le français Areva (et son EPR) se retrouve nez à nez avec l'américain Westinghouse. L'affaire semblait plutôt bien emmanchée pour le français. Après avoir rendu sa copie en février (plusieurs bottins techniques de 70 000 pages), Areva pensait que son EPR déjà acheté par la Finlande et EDF disposait d'un vrai coup d'avance sur la technologie des Américains, qui n'a pas encore fait ses preuves. Mais en octobre, après la visite de Bush à Pékin, le climat change. Le bureau chinois d'Areva s'inquiète d'une campagne d'intoxication sur le thème: «l'offre française est trop chère». Puis Pékin décide de repousser de six mois une décision initialement prévue pour la fin de l'année. Mauvais ou bon présage?
La veille de son arrivée en France, Wen Jiabao délivre dans un entretien au Figaro une première bonne nouvelle: la Chine aimerait signer un partenariat global qui couvrirait toute la filière nucléaire (de l'extraction d'uranium au retraitement en passant par la production de combustibles et la construction de centrales). Ça tombe bien puisque Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, avait proposé le même package en juin 2004. Lundi soir, elle s'entretient avec Wen Jiabao et lui remet une nouvelle offre commerciale pour les quatre tranches. Le Premier ministre chinois aurait applaudi l'effort. Deuxième bon point. Mais le lendemain, à l'Ecole polytechnique, il déclare: «La Chine espère que la France, en matière de transfert de technologie, et de prix, pourra offrir des conditions encore plus attirantes.» Un point de perdu. Le soir même à Cadarache, sur le futur site d'Iter le projet de réacteur de fusion thermonucléaire , Anne Lauvergeon vante une fois de plus les mérites de son EPR. «Rien n'est fait, mais on a remonté la pente vis-à-vis des Américains», dit-on côté français. En février, le président chinois se rendra aux Etats-Unis. A quelques mois de la décision.
Source: Liberation 08/12/2005
08 décembre 2005
Nucléaire: La Chine veut un effort sur le transfert de technologie
Visite officielle du premier ministre Wen
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a fait monter les enchères
hier sur l'octroi d'un contrat de plusieurs milliards de dollars pour
la construction de réacteurs nucléaires, en appelant la France à
améliorer son offre en matière de transfert de technologie.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a fait monter les enchères hier sur l'octroi d'un contrat de plusieurs milliards de dollars pour la construction de réacteurs nucléaires, en appelant la France à améliorer son offre en matière de transfert de technologie. Cet appel est intervenu au lendemain de l'annonce de plusieurs contrats commerciaux dont une commande record de 150 Airbus A320, assortie d'une étude de faisabilité sur la construction d'une usine d'assemblage en Chine.
A l'Ecole polytechnique de Palaiseau (Essonne), il a précisé
les conditions de la Chine à l'achat de réacteurs nucléaires, pour
lequel Français, Américains et Russes sont en compétition: «La Chine
espère que la France, en matière de transfert de technologie, en
matière de prix, pourra offrir des conditions encore plus attirantes
pour faire en sorte que la coopération franco-chinoise dans ce domaine
puisse se développer sous les meilleurs auspices».
L'Anglo-américain
Westinghouse, le Français Framatome (Areva) et le Russe AtomStroyExport
sont en concurrence pour remporter le contrat, estimé à environ 8
milliards de dollars.
Pékin avait fait savoir vendredi qu'il
reportait au moins au premier semestre 2006 la désignation de la
société chargée de construire en Chine quatre réacteurs nucléaires de
troisième génération, en raison de divergences sur le prix et la
technologie.
«Je reviendrai dans dix ans»
Lundi, après la
signature du contrat avec Airbus, M. Wen avait souligné que «la
coopération sino-française dans l'aéronautique ne se limite plus à
l'acquisition d'avions mais est entrée dans une phase de coopération
technologique et de développement».
Hier, au lendemain de la
signature d'un contrat avec Eurocopter pour le développement conjoint
d'un hélicoptère civil, M. Wen s'est rendu à Marignane
(Bouches-du-Rhône) sur le site le constructeur européen.
Il s'y est
fait présenter la gamme des hélicoptères civils et militaires
construits par Eurocopter et a visité la chaîne d'assemblage du Tigre.
Durant sa visite, un A380, l'avion géant d'Airbus, a survolé le site.
L'accord
avec Pékin permettra de «créer 600 emplois à Marignane et 2 000
emplois au total avec la sous-traitance», a indiqué le PDG
d'Eurocopter Fabrice Brégier. Il permettra également à Eurocopter de
renforcer sa présence sur le marché chinois des hélicoptères civils
«en devenir».
M. Wen s'est ensuite rendu à Cadarache, sur le site
encore vierge du projet de réacteur de fusion thermonucléaire
expérimental Iter.
«Je reviendrai dans dix ans», a-t-il dit, faisant allusion à la mise en service du réacteur prévue en 2015-2017.
La
Chine a soutenu le choix de Cadarache pour l'implantation d'Iter aux
côtés de l'Europe et de la Russie tandis que Tokyo, les Etats-Unis et
la Corée du Sud étaient partisans d'une implantation au Japon.
Mardi soir, M. Wen devait être l'hôte à dîner du maire (UMP) de Marseille Jean-Claude Gaudin.
Le
président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) de Marseille a été
brièvement interpellé sur le Vieux port, alors qu'il tentait de
déployer une banderole d'Amnesty International, pour attirer
l'attention sur la situation des droits de l'Homme en Chine.
A
l'Ecole polytechnique, un accord de partenariat a été signé avec trois
universités chinoises. Le Premier ministre chinois a proposé la venue
en Chine de 400 étudiants français, un type d'accord selon lui «plus
important que l'achat de 150 Airbus».
Aujourd'hui, M. Wen doit
visiter à Cannes (Alpes maritimes) des installations d'Alcatel, qui
vient de signer un contrat pour la fourniture d'un satellite de
télécommunications.
Cette visite a cependant suscité des critiques en France. L'association française Solidarité Chine et le président du groupe d'études parlementaire sur le Tibet, Lionnel Luca, ont ainsi dénoncé le silence des dirigeants français sur les violations des droits de l'Homme dans l'Empire du Milieu.
Le premier ministre chinois avait rencontré lundi le président Jacques Chirac et son homologue Dominique de Villepin, qui n'ont pas fait mention publiquement de cette question.
M. de Villepin avait alors qualifié d'"anachronisme" l'embargo imposé par l'Union européenne sur les ventes d'armes à la Chine après la répression sanglante des manifestations d'étudiants sur la place Tiananmen en 1989.
Source: Le bien public
02 décembre 2005
La Chine soutient la France dans le projet ITER
La Chine soutient la France pour être le site du projet ITER
(International Thermonuclear Experimental Reactor), a déclaré Mme Zhang Qiyue,
porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une
conférence de presse tenue jeudi à Beijing. Après avoir étudié les deux sites
proposés respectivement par la France et le Japon pour la construction d'un
réacteur de fusion nucléaire expérimental, la Chine a décidé de soutenir la
France, a précisé Mme Zhang.
La France et le Japon sont en concurrence pour être le site
de la construction de ce projet qui nécessite des milliards de dollars
d'investissements, mais la Chine espère que cette question pourra être résolue
pour le mieux après consultations entre toutes les parties concernées, a-t-elle
ajouté.
Source: China Internet Information Center
La Chine en passe de relancer son programme nucléaire civil
PEKIN, 7 janvier - La Chine a annoncé lundi avoir entamé les travaux préliminaires de construction d'une nouvelle centrale nucléaire dans l'est de la Chine, après plusieurs années de tergiversations sur le développement du nucléaire civil chinois.
L'agence officielle Chine nouvelle a précisé que des travaux préliminaires -qui inclueront notamment la construction d'une route de 3,4 kilomètres et le nivellement de trois collines- avaient débuté sur le site de la centrale de Sanmen, située dans la province du Zhejiang (est).
La centrale, qui devrait compter quatre réacteurs de 1.000 megawatts chacun, coûtera 25 milliards de yuans (3,02 milliards de dollars) au total, a encore indiqué l'agence, sans autre précision.
"C'est une bonne nouvelle" a commenté un expert nucléaire étranger, qui a estimé qu'elle allait dans le sens d'une relance du programme nucléaire civil chinois.
Ce programme fait depuis deux ans l'objet d'un vaste débat interne, qui a mis à rude épreuve les nerfs des groupes étrangers intéressés par le développement de ce secteur.
Le mois dernier, le président de la compagnie
nationale de l'énergie nucléaire (CNNC), Li Dingfan, avait relancé la
discussion en militant énergiquement pour la construction de la
centrale nucléaire de
Sanmen, non loin du premier réacteur nucléaire
de 300 mégawatts -entièrement chinois- entré en service à Qinshan en
1991. Les autorités de Pékin n'ont toutefois pas encore donné leur feu
vert définitif à la construction de cette centrale.
La Chine dispose actuellement de deux centrales nucléaires en service, l'une à Qinshan et l'autre à Daya Bay (sud), construite en coopération avec des sociétés françaises.
Huit autres réacteurs sont en cours de construction, dont quatre à Qinshan avec la collaboration d'entreprises françaises et canadiennes, deux à Ling'ao (avec des entreprises françaises) dans la province méridionale du Guangdong, juste à côté de Daya Bay, et deux réacteurs russes destinés à la centrale de Tianwan dans la province du Jiangsu (est).
Mais alors que les industriels étrangers s'attendaient à ce que le Xe plan quinquennal (2001-2005), rendu public en mars dernier, donne le feu vert à six nouveaux réacteurs à eau pressurisée de 1.000 MGW, celui-ci s'est contenté d'évoquer un développement "approprié" de l'énergie nucléaire, sans fournir jusqu'à présent d'indications sur les projets concernés.
Selon des informatons obtenues de source
industrielle, seuls quatre réacteurs pourraient finalement être
inscrits au Xème plan, deux à Sanmen et deux nouvelles tranches à
Ling'ao où Framatome, allié à
Electricité de France (EdF) et Alstom,
participe à la construction des deux premières tranches. Le feu vert
définitif des autorités devrait, ajoute-t-on de même source, intervenir
dans les prochaines semaines.
La part de l'énergie nucléaire dans l'électricité produite en Chine ne dépasse guère 1% actuellement, un chiffre qui devrait passer à 3% après la mise en service des huit réacteurs construitss actuellement.
Seules les régions développées du sud ou de l'est de la Chine, grandes consommatrices d'énergie, ont jusqu'à présent obtenu le droit de construire des centrales nucléaires.
Les autorités préfèrent pour l'instant encore développer l'énergie thermique (pour utiliser les énormes réserves de charbon du pays), mais également hydraulique, dans l'ouest déshérité du pays, et interconnecter l'ensemble du réseau électrique chinois.
Source: Le Parisien
La Chine met ses billes dans le nucléaire
Un
réacteur expérimental à haute température (HTR) a été construit près de Pékin.
Une filière longtemps abandonnée par l'Occident qui permettrait de construire
de petites centrales, très sûres et moins chères. Et de produire de
l'hydrogène.
Une
quarantaine de kilomètres au nord de Pékin, sur la route de la Grande Muraille
et des tombeaux de la dynastie Ming, la campagne chinoise reprend ses droits.
Mais au détour d'une modeste route sur laquelle les paysans tentent de vendre à
la sauvette leurs légumes se dresse un immense bâtiment tout blanc, sans
fenêtres, derrière une barrière d'accès solidement gardée. L'avenir de
l'industrie nucléaire se joue peut-être partiellement dans ce lieu improbable.
Cette
construction cubique anonyme abrite un réacteur expérimental de 10 MW
thermiques (soit environ 5 MW électriques), géré par l'Institut de technologie
de l'énergie nucléaire (Inet) de Tsinghua, la grande université scientifique de
Pékin. Un site un peu particulier, puisqu'il n'est pas de la famille des
réacteurs à eau pressurisée (PWR), dominante dans le monde, y compris en Chine.
De type HTR, c'est-à-dire à haute température, son coeur est composé de petits
boulets. Une partie de l'establishment scientifique chinois mise là-dessus pour
la production d'énergie dans le futur et pour assurer l'essor d'une industrie
nucléaire compétitive à l'échelle mondiale, indépendante des fabricants
occidentaux.
La
technologie n'est pourtant pas nouvelle, et elle n'est pas chinoise. Deux réacteurs
HTR ont déjà fonctionné par le passé, l'un aux Etats-Unis, l'autre en
Allemagne. Tous deux ont cessé toute activité en 1989. Jugée peu compétitive,
cette filière technologique a été abandonnée par les Occidentaux et
littéralement offerte par les Allemands à l'Afrique du Sud et à la Chine. Les
Chinois n'ont donc rien inventé, mais ils ont poursuivi les recherches. Et par
une ironie dont l'Histoire a le secret, ils se trouvent désormais porteurs
d'une technologie dont on redécouvre qu'elle a de l'avenir. En raison, d'une
part, des progrès réalisés dans la résistance des matériaux à haute température
pour les turbines, mais aussi, et peut-être surtout, de sa sûreté plus grande
que celle des réacteurs nucléaires classiques. Parmi les spécificités du HTR:
le fait que le combustible soit contenu dans des billes de carbone très
étanches placées au coeur du réacteur et capables de retenir les matières
radioactives jusqu'à des températures dépassant les 1 600°. Le HTR-10 n'en
contient pas moins de 25 000.
«Des modules comme le Lego»
Dans
un salon spartiate d'où l'on aperçoit le drapeau rouge frappé des cinq étoiles
jaunes de la Chine populaire et le cube blanc qui abrite le réacteur, Zhang
Zuoyi, le directeur du projet, 42 ans à peine, respire l'assurance des
technocrates communistes chinois. Il résume en quelques traits l'histoire de ce
réacteur expérimental dont le gouvernement a approuvé la construction en 1992
et qui, après dix ans de travaux et quelques difficultés, a finalement été
raccordé au réseau électrique en janvier 2003. Zhang Zuoyi souligne que la
Chine a poursuivi ses recherches sur l'énergie nucléaire alors que le reste du
monde - à l'exception de la France, relève-t-il - s'en détournait au lendemain
des catastrophes de Three Mile Island (1979) puis de Tchernobyl (1986). Il met
en avant le facteur le plus attrayant du HTR pour les opinions publiques: sa
«sûreté inhérente», également appelée «sûreté passive» car elle repose sur les
lois de la physique et non, comme dans les réacteurs à eau pressurisée, sur des
dispositifs spéciaux extérieurs. Dans le système HTR, le meltdown, la fusion catastrophique du coeur par perte de
refroidissement, principal danger d'une centrale, est impossible.
Le
deuxième attrait du HTR est la possibilité de produire de l'hydrogène, source
d'énergie d'avenir, selon tous les experts: le réacteur expérimental de
Tsinghua n'en est pas encore là, mais c'est la prochaine étape, disent ses
techniciens. «Nous avons encore plusieurs
années de travail avant d'aboutir à un projet commercial», note
avec prudence le directeur.
«Le HTR, c'est l'avenir!»,
jure pour sa part Frank Wu, patron de Chinergy, la branche commerciale qui, en
association avec l'université de Tsinghua, tente d'en assurer la
commercialisation. Sa société vient de s'installer dans un immeuble d'acier et
de verre proche du campus de Tsinghua, dans le quartier high-tech du nord de
Pékin. Il se dit assuré d'un premier contrat commercial en 2007, d'un montant
d'environ 300 millions de dollars (230 millions d'euros) pour disposer d'un
premier réacteur HTR de 200 MW opérationnel au début de la prochaine décennie.
Et de pouvoir offrir, dans les années suivantes, un modèle de centrale
nucléaire qui fera concurrence au système dominant PWR.
Le
client est déjà identifié: la société Huaneng, un des cinq géants de l'énergie
en Chine, issue de l'éclatement du monopole public. Deux sites sont en
concurrence, l'un dans la province côtière du Shandong, l'autre dans l'Anhui, à
l'ouest de Shanghai. De nombreux observateurs du secteur estiment que Frank Wu
va un peu vite en besogne pour des raisons évidentes de marketing et relèvent
que le gouvernement n'a pas inscrit le HTR dans son projet, très ambitieux, de
développement de l'énergie nucléaire. Mais le patron de Chinergy balaie l'objection:
«Le gouvernement a donné son feu vert au
HTR-10 et il soutiendra notre projet. Nous avons un avantage compétitif: nous
sommes plus sûrs et moins chers.» Il refuse d'analyser plus en
détail les mérites respectifs du HTR et du PWR: «C'est comme comparer les pommes et les oranges. Ils sont très
différents, mais complémentaires.» Zhang Zuoyi précise: «La Chine est assez vaste pour avoir deux filières
nucléaires répondant à des exigences différentes.»
Tel
un VRP, Frank Wu souligne que les réacteurs HTR qui seront commercialisés ne
seront que de 200 MW, contre 1 000 à 1 500 MW pour ceux qui sont actuellement
construits en Chine. «Ce sont des modules
comme le Lego, on peut en mettre autant qu'on veut», explique-t-il.
Un expert étranger confirme que le HTR surfe sur une mode du small is beautiful et que l'expérience
chinoise est suivie avec intérêt à l'étranger, y compris en France. Frank Wu en
rajoute sur ce thème : «Framatome (société
du groupe français AREVA, ndlr) a dépensé
des milliards pour développer l'EPR (le réacteur nucléaire nouvelle
génération, ndlr), et pourtant ils
viennent régulièrement nous voir pour parler du HTR...» «C'est une des pistes
possibles pour les réacteurs de la quatrième génération», confirme
un expert français (lire ci-contre).
Pour
la Chine, l'enjeu est bien sûr colossal. Le pays est assoiffé d'énergie et
réalise dans la douleur sa dépendance croissante vis-à-vis du pétrole importé
et cher, ou du charbon, carburant domestique mais très polluant. Telle la France de 1973, lors du choc pétrolier, Pékin a donc
choisi de relancer un programme nucléaire massif : vingt-cinq nouvelles
centrales seront construites d'ici à 2020, contre huit actuellement. Un plan
d'autant plus ambitieux que le reste du monde est dans l'attentisme. Mais le
pays ne s'arrêtera pas là : Anne
Lauvergeon, présidente d'AREVA, estimait récemment à Pékin que, à l'horizon
2040, la Chine pourrait compter jusqu'à 400 à 500 réacteurs de 1 000 MW,
qui assureraient 20 % des besoins en électricité du pays contre à peine 1,6 %
aujourd'hui.
En attendant le «contrat du siècle»
Pour
réaliser ce programme, la Chine compte en partie sur ses propres forces. Elle a
aussi lancé un appel d'offres pour une première tranche de quatre centrales de
technologie plus avancée. La France propose l'EPR, déjà acheté par la Finlande.
Elle est en concurrence avec les Américains de Westinghouse, qui, malgré
l'absence de toute nouvelle centrale construite aux Etats-Unis depuis vingt
ans, offrent un nouveau modèle. Réponse l'an prochain, pour ce qui fait déjà
figure de «contrat du siècle» pour l'industrie nucléaire.
Le
HTR ne figure pas dans le paysage nucléaire tel qu'il se dessine aujourd'hui :
mais ses promoteurs sont persuadés qu'ils seront présents dans dix ou quinze
ans, lorsque leurs petits réacteurs «Lego» viendront troubler le jeu des
grands. Il ne leur sera pas trop difficile de trouver des niches dans cet
immense marché en devenir et d'offrir au monde la vitrine d'une technologie
d'avant-garde qu'on jugeait dépassée deux décennies plus tôt...
Pierre
HASKI
Source: Libération, 27 septembre 2004
Sommet mondial à Paris sur l'avenir du nucléaire civil
PARIS (20 mars 2005) - Ministres et délégués d'une soixantaine de pays se retrouvent lundi et mardi à Paris pour débattre de l'avenir de l'énergie nucléaire, alors que se pose, avec un pays comme l'Iran, le risque de détournement de la technologie civile utilisée comme paravent d'une utilisation militaire. C'est la première fois depuis les années 50 que la communauté internationale débat de l'avenir d'une industrie qui, loin d'être condamnée comme on a pu le croire après Tchernobyl, connaît un regain d'intérêt par la raréfaction - et donc le renchérissement attendu - du pétrole. Il s'agit de "procéder à une réflexion sur le rôle de l'énergie nucléaire et de définir les avantages potentiels (sécurité énergétique, durabilité et protection environnementale renforcée) d'un recours élargi à l'énergie nucléaire pour satisfaire les besoins énergétiques croissants de la planète", indique le programme officiel de la conférence de Paris. Intitulée "L'énergie nucléaire pour le XXIe siècle", celle-ci est parrainée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Elle est consacrée aux politiques de l'énergie et à l'utilisation de l'électricité nucléaire au XXIe siècle", explique Karen Daifuku, porte-parole de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN).
Autre objectif: examiner les menaces envers l'environnement, notamment le stockage des déchets radioactifs. Le réchauffement climatique sera aussi évoqué sous l'angle de sa limitation grâce à un recours accru au nucléaire. Les centrales atomiques ne rejettent en effet que de la vapeur dans l'atmosphère et aucun gaz à effet de serre, contrairement aux centrales thermiques. L'une des tables rondes est intitulée "Comment l'énergie nucléaire pourrait-elle contribuer à la prévention du changement climatique?" Environ la moitié des pays participants utilisent déjà l'énergie nucléaire, tandis que l'autre envisage d'y avoir recours ou, au moins, souhaite garder un oeil sur les perspectives offertes par l'atome, selon Mme Daifuku. Le pays hôte n'a pas été choisi par hasard puisque l'électricité produite en France est à 80% générée par des centrales nucléaires, ce qui est unique au monde. Parmi les sujets au programme de la conférence figure la sécurité et donc aussi les mesures à prendre pour empêcher le vol ou la disparition des matières fissiles utilisées dans les centrales, ainsi que les garde-fous visant à empêcher la prolifération des armes atomiques.
Source: Le Figaro, 21 mars 2005
Pekin reporte sa décision sur les réacteurs nucléaires de 3ème génération
02/12/2005 - Pékin ne
désignera qu'au cours du premier semestre 2006 la société chargée de construire
en Chine quatre réacteurs nucléaires de troisième génération, en raison de
divergences sur le prix et la technologie, a indiqué un responsable chinois cité
vendredi par le quotidien China Daily.
"Il est improbable que les discussions soient achevées avant la fin de cette
année comme il était prévu", a déclaré au journal Chen Hua, un directeur de la
China National Nuclear Corporation (CNNC).
L'Anglo-américain Westinghouse, le Français Framatome (AREVA) et le Russe
AtomStroyExport sont en concurrence pour remporter le contrat estimé à environ 8
milliards de dollars, qui a fait l'objet d'un appel d'offres international.
Selon M. Chen, les deux sociétés les mieux placées pour décrocher le contrat
sont AREVA et Westinghouse. "Nous n'avons pas beaucoup parlé avec les Russes",
a-t-il affirmé.
Mais, a-t-il poursuivi, il existe encore des divergences. "Ces sociétés ne nous
ont pas donné des offres satisfaisantes sur de nombreux détails techniques
essentiels, comme l'ingénierie ou la sécurité des centrales", a-t-il dit.
"Les prix qu'ils proposent sont encore trop élevés par rapport à ceux que nous
avons inscrits au budget", a ajouté le responsable.
"Il est difficile de dire exactement quand (ces discussions seront finies), mais
nous espérons les achever au premier semestre de l'année prochaine", a poursuivi
Chen Hua.
Source: Le Monde
Après des années d'hésitations, la Chine relance le nucléaire
29/07/2004 - Après des
années d'hésitation, le gouvernement chinois a décidé d'accélérer la
construction de centrales nucléaires pour répondre à la rapide augmentation des
besoins du pays en électricité. A 40 km de Pékin, non loin de la grotte dans
laquelle vivait il y a un demi million d'années l'Homme de Pékin, des chercheurs
de l'Institut chinois de l'énergie atomique de Tuoli travaillent sur différents
types de réacteurs expérimentaux pour préparer ce nouvel âge d'or nucléaire.
Pour l'heure, la Chine ne compte que neuf réacteurs en service sur trois sites,
qui ne fournissent au total que 1,4 pour cent de la production d'électricité du
pays, assurée à 70% par la combustion de charbon. L'objectif du gouvernement est
de porter la part du nucléaire à 4% en 2020. "L'énergie nucléaire est
aujourd'hui prioritaire", selon Wu Kang, un spécialiste des questions
énergétiques au East-West Center, un groupe de réflexion basée à Hawaï. Il y a
une semaine, le gouvernement a approuvé la construction par la China National
Nuclear Corp de deux centrales nucléaires à Ling Ao dans le Guangdong (sud) et à
Sanmen dans le Zhejiang (sud), deux provinces côtières fortement industrialisées
et qui souffrent de nombreuses coupures de courant, notamment durant l'été.
Le
très officiel Quotidien du Peuple a récemment jugé dans un éditorial que "les
conditions sont mûres en Chine pour accélérer l'usage de l'énergie nucléaire",
alors que "les résultats obtenus par le pays ont significativement réduit son
retard au niveau international" dans ce domaine. L'explosion de la première
bombe atomique chinoise sera vieille de 40 ans en octobre prochain, mais
l'utilisation pacifique du nucléaire, après une première phase de développement
dans les années 1980, avait marqué le pays au profit de l'hydro-électricité et
de la réalisation de grands barrages, à commencer par le gigantesque ouvrage des
Trois Gorges sur le fleuve Yangtsé. Aujourd'hui, les voix se multiplient en
Chine sur les conséquences néfastes des barrages, notamment en termes de
conditions de vie pour les populations déplacées.
Le gouvernement a engagé une
stratégie de diversification, notamment pour réduire sa dépendance vis-à-vis
d'importations de pétrole en rapide augmentation, et dont 60% viennent du
Proche-Orient. La nouvelle génération de dirigeants chinois "est très intéressée
par les nouvelles technologies", selon Richard Suttmeier, un expert des
questions technologiques en Chine de l'Université de l'Oregon aux États-unis. Le
concept de sécurité nationale a également évolué et inclut désormais, en Chine
comme ailleurs, un accès à des sources d'énergie stables et fiables. "La
sécurité énergétique est une forme d'assurance-vie", déclare Wu Kang, qui ajoute
que l'énergie nucléaire peut certes y contribuer, mais qu'"une sécurité absolue
est impossible à obtenir".
La volonté de Pékin d'accélérer le programme de construction de centrales nucléaires donne également de nouvelles chances de contrat à des entreprises françaises comme Électricité de France ou Framatome, qui ont déjà participé à la réalisation de la centrale de Daya Bay, ainsi qu'à leurs principaux concurrents, l'américain Westinghouse et le japonais Mitsubishi. En mars, la province du Guangdong avait annoncé sa volonté de démarrer en 2006 la construction d'une centrale nucléaire à Yangjiang. Ce nouveau site pourrait à terme compter six réacteurs de 1.000 mégawatts et devenir le plus grand de Chine, selon le China Business Weekly.
Plus que trois concurrents pour la construction de réacteurs nucléaire
06/09/04 - Il ne reste plus que trois concurrents, tous étrangers, pour l'appel d'offre portant sur la construction de quatre réacteurs nucléaires en Chine selon un responsable chinois cité lundi par le China Business Weekly. Seuls le Français Aera, l'Américain Westinghouse, et le Russe AtomStroyExport (ASE) restent en lice et devront être fixés d'ici la fin de l'année. Le français Alstom, le japonais Mitsubishi et Atomic Energy of Canada tentaient également d'obtenir ses contrats qui se chiffrent en milliards de dollars, selon l'hebdomadaire économique chinois.
L'appel d'offres porte sur quatre tranches de 1.000 mégawatts chacune utilisant la technologie de troisième génération à eau pressurisée et dont deux doivent être construites sur le site de Sanmen dans la province du Zhejiang (est) et les deux autres à Yangjiang, dans celle du Guangdong (sud). "Le gagnant devrait être soit Westinghouse, soit AREVA, soit ASE", a déclaré Yu Jianfeng, directeur du département de l'énergie nucléaire la China National Nuclear Corp. (CNNC), qui a ajouté que son pays n'a pas été capable de développer lui-même des réacteurs de troisième génération. "Les documents pour l'appel d'offres ont déjà été approuvés par le gouvernement et nous les avons présentés pour approbation finale à la Commission nationale du Développement et de la Réforme", a précisé M. Yu au China Business Weekly.
Aucun calendrier n'a encore été fixé. Un seul constructeur pourrait remporter la mise, étant donné que la Chine cherche désormais à se doter d'une technologie unifiée dans le but de construire petit à petit sa propre industrie nucléaire civile. Le pays le plus peuplé du monde, qui manque d'électricité à cause de sa rapide industrialisation, prévoit de construire 32 réacteurs nucléaires.
Source: Dernières Nouvelles d'Alsace, 06 septembre 2004
Nucléaire: les groupes français bien placé sur le marché chinois
PARIS 27/09/04 - Les
industriels français du secteur de l'électricité comptent sur la prochaine
visite d'Etat en Chine du président de la République, Jacques Chirac, pour
tenter d'obtenir des contrats qui s'annoncent juteux. Confronté à une demande en
énergie en forte progression du fait d'une croissance économique qui se poursuit
à un rythme effréné (+9,1% en 2003 et +8,8% attendu cette année), le
gouvernement chinois a décidé de se doter d'une capacité de 32.000 à 36.000
Mégawatts supplémentaires d'ici 2020, ce qui aboutirait à la construction de 20
à 40 centrales nucléaires selon la puissance retenue pour chacune d'entre elles.
Le coût d'une centrale complète varie de 1,5 milliard à 3 milliards d'euros, soit une facture totale de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Même si la part revenant aux fournisseurs étrangers est limitée - Pékin ayant pris soin d'exiger des transferts de technologie au profit de ses entreprises -, ces contrats font rêver les dirigeants des groupes français. Jacques Chirac lui-même attache le plus grand soin à ce dossier qu'il juge stratégique pour les entreprises françaises concernées, qui ont une occasion exceptionnelle d'imposer leurs technologies sur un marché en fort développement. Le chef de l'Etat a confié, fin août, la préparation du volet nucléaire de son voyage à François Roussely. Ce dernier doit l'accompagner en Chine même si son mandat à la tête d'Électricité de France (EdF) n'a pas été renouvelé. Le nouveau président d'EDF, Pierre Gadonneix, ainsi que ses homologues d'Alstom, Patrick Kron, et d'AREVA, Anne Lauvergeon, feront aussi le déplacement.
AREVA EN AVANCE SUR L'EPR
Selon des sources industrielles, le gouvernement chinois pourrait lancer un
appel d'offres par lots pour quatre premières centrales. Les attributaires
pourraient être désignés rapidement. AREVA, qui a déjà construit quatre des 11
centrales chinoises seul et trois autres en partenariat, a de bonnes chances
d'emporter des commandes pour les réacteurs. Les centrales suivantes devraient
être équipées du réacteur de nouvelle génération de type EPR (European
Pressurized Water Reactor). Les autorités de Pékin n'ont pas encore donné
d'indications sur le calendrier d'adoption de cette technologie. Pour AREVA, qui
a développé l'EPR avec le conglomérat allemand Siemens et qui assure avoir une
avance très importante sur son concurrent américain Westinghouse, il s'agit d'un
marché particulièrement prometteur. Le groupe français a déjà réussi à vendre
l'EPR l'an dernier à la Finlande, un contrat de 3 milliards d'euros.
EDF doit choisir prochainement le site d'implantation de son premier réacteur de ce type en France. EDF, déjà partenaire des Chinois depuis le début des années 1980, se place pour des contrats d'assistance technique que ce soit pour la construction ou la gestion des centrales. Alstom a la partie la plus difficile. Le groupe est spécialisé dans la partie conventionnelle des centrales - turbines à vapeur, alternateurs et services associés - mais la concurrence est rude face à Mitsubishi, Toshiba, General Electric et surtout Siemens. Pour son premier contrat EPR en Finlande, AREVA avait choisi de confier la partie conventionnelle à son partenaire Siemens. Cela laisse peu d'espoir à Alstom mais le fabricant d'infrastructures d'énergie et de transport pourrait se consoler avec des contrats pour des trains et des métros. Le président français sera en Chine du 8 au 12 octobre.
Source: Dernières Nouvelles d'Alsace
