02 décembre 2005
Sommet mondial à Paris sur l'avenir du nucléaire civil
PARIS (20 mars 2005) - Ministres et délégués d'une soixantaine de pays se retrouvent lundi et mardi à Paris pour débattre de l'avenir de l'énergie nucléaire, alors que se pose, avec un pays comme l'Iran, le risque de détournement de la technologie civile utilisée comme paravent d'une utilisation militaire. C'est la première fois depuis les années 50 que la communauté internationale débat de l'avenir d'une industrie qui, loin d'être condamnée comme on a pu le croire après Tchernobyl, connaît un regain d'intérêt par la raréfaction - et donc le renchérissement attendu - du pétrole. Il s'agit de "procéder à une réflexion sur le rôle de l'énergie nucléaire et de définir les avantages potentiels (sécurité énergétique, durabilité et protection environnementale renforcée) d'un recours élargi à l'énergie nucléaire pour satisfaire les besoins énergétiques croissants de la planète", indique le programme officiel de la conférence de Paris. Intitulée "L'énergie nucléaire pour le XXIe siècle", celle-ci est parrainée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Elle est consacrée aux politiques de l'énergie et à l'utilisation de l'électricité nucléaire au XXIe siècle", explique Karen Daifuku, porte-parole de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN).
Autre objectif: examiner les menaces envers l'environnement, notamment le stockage des déchets radioactifs. Le réchauffement climatique sera aussi évoqué sous l'angle de sa limitation grâce à un recours accru au nucléaire. Les centrales atomiques ne rejettent en effet que de la vapeur dans l'atmosphère et aucun gaz à effet de serre, contrairement aux centrales thermiques. L'une des tables rondes est intitulée "Comment l'énergie nucléaire pourrait-elle contribuer à la prévention du changement climatique?" Environ la moitié des pays participants utilisent déjà l'énergie nucléaire, tandis que l'autre envisage d'y avoir recours ou, au moins, souhaite garder un oeil sur les perspectives offertes par l'atome, selon Mme Daifuku. Le pays hôte n'a pas été choisi par hasard puisque l'électricité produite en France est à 80% générée par des centrales nucléaires, ce qui est unique au monde. Parmi les sujets au programme de la conférence figure la sécurité et donc aussi les mesures à prendre pour empêcher le vol ou la disparition des matières fissiles utilisées dans les centrales, ainsi que les garde-fous visant à empêcher la prolifération des armes atomiques.
Source: Le Figaro, 21 mars 2005
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